Les bastides marseillaises

Le terme bastide désigne avant tout un domaine et des bâtiments ruraux. L’ habitation principale est aussi bien une maison que villa ou grande demeure. « Tout était bastide », de même qu’on pouvait nommer « château » une demeure simple.

Du 14e au 18e siècle, les premières bastides s’implantent à la limite de la ville. Du 17e au 18e sicle, ce sont surtout des domaines agricoles.
A la fin du 18e siècle, de nombreuses bastides tendent à devenir des résidences principales, alors que la création de nouvelles avenues et boulevards permettent des liaisons plus rapides avec le terroir.
Dès la deuxième moitié du 19e siècle, après l’arrivée du canal de Marseille, les bastides sont devenues lieu de résidence principale en même temps qu’est apparue la résidence secondaire intra-muros. Peu à peu, l’habitation devient plus luxueuse.
En général, les bastides se trouvent au bout d’une allée plantée d’arbres et orientées plein sud. Les pièces au sud sont occupées l’hiver et celles au nord, l’été. Les architectes de l’époque réalisent les rêves de grandeur d’une bourgeoisie enrichie par le négoce et l’industrie.
Dès l’arrivée de l’eau au 19e siècle, les jardins sont réaménagés avec des bosquets, des points d’eau, des petits lacs, des cascades dissimulées entre les arbres…
Ces domaines et ces jardins reflètent un charme et un art de vivre, propres à certaines classes de la fin du 19e siècle.
La bastide est alors une maison de famille. On s’y déplace avec la famille et les domestiques. On s’intègre à la vie du village. Loin des activités urbaines, on va à la chasse, on se baigne, on se promène… Dans les demeures opulentes s’organisent de somptueuses fêtes.

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De 1954 à1975 Marseille accueillera 260 000 nouveaux habitants et devra édifier 148 000 logements. Les zones dites de « campagne » vont être gagnées par l’urbanisation.
Peu à peu, tout le territoire marseillais va être décrété zone d’urbanisation. Les bonnes terres agricoles disparaissent, les dernières fermes sont condamnées : trois vont subsister en fermes pédagogiques. Les domaines bastidaires font l’objet de Z.U.P (Zone à Urbaniser en Priorité) puis de Z.A.C (Zone d’Aménagement Concerté) aménagement effectué de plus en plus en partenariat avec le privé qui réduit les équipements au strict nécessaire.
Les Bastides embarrassent les promoteurs, qui souvent les détruisent ou les mettent à la disposition de la Ville.
Actuellement seulement 4 bastides sont protégées par une inscription à l’ I.S.M.H (Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) :

  • La Bastide “La Roserie” et son parc en 1991,
  • La bastide “Mongolfier” et son parc en 1993,
  • La Bastide du “Vallon Giraudy” et son parc en 1995,
  • La Bastide de “Tour Sainte” et sa grande allée en 2001.

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Fort heureusement la Ville a acquis au cours des temps de nombreuses bastides et leurs parcs pour installer des services publics. Ainsi bien des domaines bastidaires sont devenus des lieux qui contribuent à la vie sociale et culturelle des quartiers dans un cadre arboré particulièrement apprécié des habitants.

Voici le devenir de quelques unes de ces anciennes bastides marseillaises :

  • Dans le 15ème arrondissement : à la Cabucelle le Parc François Billoux abrite 3 bastides affectées à la Mairie.
  • Dans le 14ème arrondissement:

– Le château St Joseph avec son grand parc est le siège de la Mairie.

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– Le château Richard à Ste Marthe, restauré est affecté à des activités culturelles.
– Le domaine de Mongolfier est devenu en 1980 la première ferme pédagogique créée par la Ville.

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– Le château de Fontaignieu est le Centre Départemental de Formation Professionnelle.

  • Dans le 13ème arrondissement: quartier des Olives. Après l’opération des “oliveraies” la bastide subsistant propriété de la Ville pourrait devenir suivant le voeu du C.I.Q. (Comité d’Intérêt de Quartier) une Maison de quartier.
  • Dans le 12ème arrondissement :

– Le château de la Mirabelle a été acquis par la Ville en 1975 et son parc est ouvert au public depuis 1981.

– Le château de Bois Luzy acheté par la Ville en 1926 fut attribué aux “Auberges de Jeunesse”.

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  • Dans le 11ème arrondissement :

– La bastide du Collet-des-Comtes et son domaine deviennent en 1987 la deuxième ferme pédagogique.

– Le château Régis accueille un collège d’enseignement libre.
– Le château de la Reynarde, propriété d’une communauté religieuse, est une maison familiale.

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– Dans le château de la Buzine reconstruit s’est installée la “MAISON DES CINÉMATHOGRAPHIES DE LA MÉDITERRANÉE”.
-La bastide “LA DENISE”, propriété de la Ville dans le quartier des Accates, fait l’objet d’un projet d’équipement de quartier.

  • Dans le 10ème arrondissement: Le château St Cyr et son parc acquis par la Ville en 1974 est ouvert au public.
  • Dans le 9ème arrondissement :

– La bastide dite “La Maison Blanche” et son magnifique parc aux arbres centenaires acquis par la Ville en 1978 est devenue la Mairie du 5ème secteur.

– La bastide “LA MAGALONE” acquise par la Ville en 1987 est le siège de l’école de musique : son jardin à la française est ouvert au public.
– Le château Valmante est occupé et bien entretenu par le directeur du centre de rééducation fonctionnelle.

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  • Dans le 8ème arrondissement:

– La Villa Bagatelle accueille la mairie du secteur, son parc est ouvert au public.

– Le château Périer et son domaine, acquis en 1924 par la Ville, est devenu le lycée Périer.
– Le château Pastré, le château Estrangin et la Villa Provençale situés dans le domaine de la Campagne Pastré acquis par la Ville en 1974 sont affectés à la culture (musée de la faïence), à l’enfance et enfin à l’accueil des personnalités de passage.
– Le château Borely (classé M.H. en 1936), après restauration est un espace culturel. Son parc de 17 ha comportant l’hippodrome, un practice de golf, le jardin botanique, est un des parcs publics le plus fréquenté de Marseille.

  • Dans le 7ème arrondissement: la Villa Valmer est affectée à des organisations internationales (Banque Mondiale, l’O.N.U.D.I, …).

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